CARBONAPP À EUROCASTANEA : LA CHÂTAIGNE A DE L’AVENIR EN EUROPE



Du 12 au 14 septembre dernier, Carbonapp France s’est rendu à Montella, au nord de Naples, en Italie, pour participer au salon Eurocastanea, le regroupement européen des producteurs de châtaignes et de leurs coopératives et syndicats, pour y parler de l’avenir de la filière en Europe.


C’est devant un parterre impressionnant composé d’exploitants, de transformateurs, de coopératives de conseillers agricoles, d’économistes spécialisés dans la châtaigne, de journalistes, de conseillers régionaux et d’autres professionnels du secteur que Carbonapp a pu présenter son activité et s’inscrire durablement comme l’un des moteurs de financement pour l’avenir des plantations.


Au programme : un rappel sur la contribution carbone volontaire, le cahier des charges du Label Bas Carbone français (LBC), la méthode LBC Vergers et ses critères d’éligibilité, les cobénéfices qu’apporteraient les châtaigneraies ainsi que les perspectives de développement du Label Bas Carbone.


Grâce à cette présentation, Carbonapp a pu affirmer son positionnement et montrer tout le concret de sa mission. À ce jour, Carbonapp représente 85 % des projets de vergers labellisés bas carbone par le Ministère de la Transition Écologique. Carbonapp prouve qu’il s’appuie sur des méthodes reconnues officiellement et surtout concrètes avec une moyenne de 57 TeqCO2eq/Ha sur 20 ans et de nombreux cobénéfices (enherbement permanent, refuge de biodiversité, emploi …). La totalité des projets labellisés l’hiver dernier ont été financés avec un prix historiquement haut en France pour le marché volontaire, ce qui est bon signe pour la filière châtaigne et les futures plantations. Les contributeurs aiment ce genre de projets avec une histoire locale qui s’ancre dans son terroir.


Un moment d’échange important pour la filière châtaigne en Europe qui fait face à des impasses budgétaires pour financer les plantations. « Consommer local et réduire les importations » c’est important aussi bien pour le climat que pour continuer d’avoir des castanéiculteurs sur nos territoires. Concrètement ça veut dire planter de nouveaux vergers pour augmenter la production, et avec de nouvelles variétés pour faire face aux nouvelles maladies et aux aléas climatiques. L’intervention de Carbonapp s’inscrivait surtout pour démocratiser les enjeux réels de la contribution carbone volontaire : il est possible d’apporter une aide financière sur une base volontaire en valorisant les externalités positives de la châtaigneraie pour le climat et l’environnement. Pour cela, il faut répondre à un cahier des charges qui engage les producteurs sur 20 ans avec un audit 5 ans après la plantation pour valider les crédits carbone générés.


Ce dispositif de financement alternatif permettra à terme de redynamiser la filière française de châtaignes fraîches et transformées et d'inciter à la transition vers l’agro-foresterie et l’agriculture biologique pour les producteurs qui veulent voir plus loin que le carbone. Cet exemple français a passionné les débats entre les différents pays qui sont majoritairement en impasse financière pour la plantation de nouveaux vergers adaptés aux aléas climatiques.


Le réseau Eurocastanea pourrait envisager, avec la participation de Carbonapp et des connaissances scientifiques collectées dans chaque pays, la création d’une méthode bas carbone européenne spécifique à la châtaigneraie Eurocastanea. Elle serait inspirée du cahier des charges du Label Bas Carbone pour la certification de crédits carbone, mais avec des données plus précises et à jour aussi bien sur la plantation mais aussi sur la gestion des vergers existants. En effet, une châtaigneraie peut vivre plusieurs centaines d’années et la gestion est particulièrement importante pour continuer de séquestrer toujours plus de carbone dans la biomasse et dans les sols à long terme. Cette méthode permettrait de financer de nombreux projets vertueux et de territoire dans toute l’Europe. Aujourd’hui rien n’est décidé mais la prise de conscience fait son chemin auprès des castanéiculteurs européens. Il a même été débattu de faire le bilan carbone des prochaines rencontres qui se dérouleront en Autriche, et vont obliger une centaine d’acteurs à prendre l’avion pour se réunir. Une voie de compensation possible serait de financer la plantation de nouveaux vergers à chaque événement : la boucle est bouclée.


Grâce à cet événement, de nouveaux partenariats sont déjà en cours en France avec des instituts techniques, des chambres d’agricultures et des syndicats de producteurs pour financer de nouveaux projets de plantation de châtaigneraies à l’hiver 2022-2023.