Diversifier les plantations forestières : une multitude d’approches pour renforcer leur résilience

Saviez-vous que le sujet de la diversification dans les forêts nouvellement plantées peut recouvrir des approches très variées ? 🌳🌱🌲

La diversification d’un peuplement renforce notamment sa résilience face aux aléas climatiques, favorise la biodiversité et son adaptation aux conditions futures. Créer un peuplement diversifié c’est donner les meilleures conditions possibles pour les écosystèmes de se développer tout en atteignant les objectifs fixés avec les différents partenaires. La diversification repose par exemple sur le nombre d’essences différentes plantées, leur proportion relative ou encore leur disposition dans l’espace.
1. Le choix des essences : une décision adaptée à chaque territoire
La sélection des essences est un premier sujet complexe déterminé par de nombreux critères :
le nombre d’essences adaptées aux conditions locales (sol, climat…),
la composition de l’environnement proche (lisières, chemins, essences déjà présentes autour du projet, proximité avec un massif forestier plus étendu…),
l’importance ou non de la production sylvicole sur la parcelle pour le propriétaire,
le coût du projet, et enfin
les stocks de plants disponibles en pépinière principalement.
La décision est prise conjointement entre l’expert forestier en charge du projet, la société qui fournira les plants, le propriétaire des parcelles et Carbonapp. L’adaptation au sol et au climat présent et futur étudiée par l’expert forestier étant le principal critère.
Ces mêmes critères influencent aussi les schémas de répartition des plants dans chaque parcelle, ce qui constitue une autre dimension de la diversification.
2. Mélanger les essences : plusieurs configurations possibles
En effet, un second critère est le mélange des essences au sein d’une parcelle. Il peut prendre différentes formes, mais n’est jamais choisie au hasard : alternance des essences principales et secondaires sur chaque ligne de plantation, mélange en bouquets des essences secondaires au sein des essences principales, et enfin mélange “pied à pied”, qui est la disposition la plus favorable à la diversité fonctionnelle des plantations et à la biodiversité sur le long terme. Ces dispositions renforcent la résilience des plantations face aux aléas climatiques et/ou sanitaires, comparé à des plantations non mélangées. De plus, elles permettent une sylviculture à couvert continu sur la parcelle en raison des durées de rotation différentes entre les essences.

La sylviculture peut aussi pousser à séparer les différentes essences dans l’espace afin de faciliter leur gestion, et à long terme leur récolte, dans un objectif de production de bois. Le non-mélange des essences peut également être dû à des caractéristiques du sol différentes et morcelées sur une même parcelle, poussant à planter une essence particulièrement adaptée sur chaque zone identifiée. Par exemple, dans une zone avec un fort relief, les zones plus humides que l’on peut rencontrer sur la partie basse d’une parcelle font souvent l’objet d’un cortège d’essences distinct de la partie haute, plus sèche.
A noter aussi le cas des bordures feuillues en périphérie des parcelles. Ce type d’aménagement et d’essences spécifiques est en effet à privilégier pour constituer l’interface entre la plantation et les autres milieux adjacents (parcelles agricoles, cours d’eau, fossés…). Ce sont des structures paysagères favorables à la biodiversité, tolérant généralement mieux d’être en périphérie d’un massif, et ne dénaturent pas les caractéristiques chimiques des milieux humides. Les oiseaux apprécient généralement plus ces feuillus en périphérie, et leur présence permet de mieux protéger la parcelle d’éventuels incendies ou des insectes s’attaquant aux résineux. Enfin les feuillus ont généralement une valeur esthétique et paysagère supérieure.


3. La proportion des essences : un facteur déterminant de diversification
Enfin le Label Bas Carbone impose depuis sa version 3 au moins 2 essences sur chaque parcelle, avec au moins 10% de la surface couverte par l’essence secondaire. Le choix des proportions entre les essences est le troisième facteur déterminant qui différencie une plantation très équilibrée et hétérogène d’une plantation plus « spécialisée ». Cette dernière est centrée sur la production d’une ou plusieurs essences principales objectives accompagnées d’essences secondaires minoritaires en diversification, ce qui réduit sa résilience face aux aléas possibles malgré le nombre d’essences choisies qui peut être élevé.
4. Près de 200 projets forestiers Carbonapp, autant de contextes à prendre en compte
Chez Carbonnap, l'ensemble des combinaisons possibles de ces différents scénarios et choix sylvicoles figure parmi nos presque 200 projets forestiers, qui composent tous avec un contexte différent. Avec en moyenne 4,2 essences par projet, et jusqu'à 16 essences différentes pour certains, nos boisements et reboisements incluent une prise en compte approfondie et sur-mesure des enjeux de résilience et de biodiversité, ainsi que les objectifs de chaque propriétaire.
La diversification : un premier pas vers des forêts résilientes
Malgré les mesures mises en place en faveur de la diversification au sein de nos plantations, il est bon de garder à l’esprit qu’une jeune plantation ne pourra jamais atteindre le niveau de diversité présent dans une forêt mature et pleinement fonctionnelle. Ce niveau de résilience et de biodiversité ne peut être atteint qu’après de nombreuses années, lorsque la nature prend le pas sur les choix initiaux de l’Homme.



Commentaires